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« La hussarde de la République » : Monique

Retraitée depuis six ans, cette ancienne enseignante poursuit inlassablement dans de nombreuses activités bénévoles son besoin de faire partager les valeurs qui l’animent.

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« Le fil rouge de ma vie ? Mais c’est l’école de la République », affirme avec force Monique. A 68 ans, cette ancienne professeure d’économie-gestion, précise : « Une école qui s’adresse aux habitants et aux jeunes de mon quartier, ceux avec qui j’aime partager les valeurs ». Ce besoin de partage, elle l’a concrétisé la première fois à l’âge de 18 ans en devenant monitrice de colonie de vacances. « C’est là, en m’investissant dans l’éducation populaire, qu’est née ma vocation d’enseignante ». Un métier qu’elle a exercé dans des lycées polyvalents situés dans des territoires dits difficiles comme la Seine-Saint-Denis, où elle est demeurée 17 ans puis, pendant 23 ans, jusqu’à son départ à la retraite, le quartier Barbès-La Chapelle-Pigalle, dans le 18ème arrondissement de Paris.

Cessant son activité professionnelle à 62 ans, Monique n’imaginait pas un seul instant arrêter de transmettre ses valeurs. Déjà, lors de sa dernière année de professorat, elle avait monté une chorale avec des lycéens en bac pro et des Africains habitant le quartier. « C’était un moyen de valoriser ces jeunes en leur donnant une posture susceptible de les aider à se présenter lors d’entretiens, par exemple d’embauche. C’était aussi une manière de leur faire partager des valeurs avec d’autres ». Partager des valeurs ! Voilà le credo favori de Monique !

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Bénévole multiple

D’où, dès sa retraite, sa participation à de nombreux projets de bénévolat. D’abord, via La Ligue de l’Enseignement, elle s’est impliquée dans l’association Lire et faire lire. Ainsi, depuis près de six ans, elle intervient dans une maternelle située en zone d’éducation prioritaire du 19ème arrondissement de Paris. Une matinée par semaine, elle emmène à la bibliothèque plusieurs petits groupes d’enfants âgés de 3 à 6 ans à qui elle lit des histoires. « Des enfants issus de milieux très variés et dont certains sont encore logés à l’hôtel », indique-t-elle. Elle poursuit : « Je suis, en quelque sorte, leur mamie de substitution ».

Dans le cadre de France Bénévolat qu’elle a rejoint il y a cinq ans, elle s’engage, avec l’association Espaces, dans un jardin partagé du 19ème arrondissement, le Jardin solidaire Hérold. Il s’agit, à travers la gestion de ce lieu, de créer des liens entre les habitants tout en aidant des personnes en difficulté à s’insérer socialement et professionnellement. Y participent à la fois des enfants de maternelle, des parents d’élèves et des seniors. « C’est un support de multiples apprentissages », se réjouit Monique.

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Marraine en Mission Locale

Ce n’est pas tout. Depuis la mi-novembre 2015, notre hussarde est marraine de jeunes inscrits dans une mission locale. « Je tenais à les accompagner dans leur parcours social. Pas pour leur donner des recettes mais des pistes. Et, surtout, je les écoute beaucoup. Mon rôle est de partager, d’encourager et de valoriser. Je ne veux pas leur être une simple béquille ». A cet effet, elle les rencontre une fois par semaine en tête à tête. « Je les incite aussi, quand ils sont en attente de stages ou d’emplois et qu’ils sont un peu seuls, de faire du bénévolat dans des associations sur des actions ponctuelles. Et je suis particulièrement heureuse quand certains d’entre eux poursuivent des activités de bénévolat après avoir trouvé du travail ». Et de citer le cas de cette aide-soignante de nuit qui a décidé de s’y atteler auprès de personnes âgées.

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Des moments de pur plaisir

Sa rencontre avec France Bénévolat date de 2014. Elle raconte : « Je m’étais rendue à une de ses permanences où, compte tenu de mon ancien métier, on me proposait de faire du soutien scolaire. Même si j’avais aidé un jeune pendant un an, ce n’était pas vraiment ce que je souhaitais. Ce qui m’intéresse, ce sont le développement des programmes thématiques de l’association et les permanences que j’y assure une fois par semaine. C’est là, ainsi que lors des forums des associations, que se nouent les liens avec les habitants du quartier, les centres sociaux et les associations. Toutes ces rencontres sont pour moi des moments de pur plaisir ».

Et comme si elle ne pouvait se satisfaire de ne pas être bénévole 24 heures sur 24, Monique a été conseillère de quartier puis, désormais, représentante de la maire de Paris pour les conseils d’école dans une école primaire locale qui se tiennent trois fois par an. Enfin, la ville de Paris proposant aux 16-25 ans d’obtenir le BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur) en échange de 30 heures de bénévolat, notre hussarde présente France Bénévolat et d’autres associations aux candidats à raison, mensuellement, de deux fois deux heures. Aussi quelle n’a pas été sa fierté d’apprendre qu’une jeune femme ayant assuré ses 30 heures obligatoires à l’association Les Fripons y est demeurée après avoir trouvé par ailleurs un travail à temps partiel.

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Quelques enseignements tirés du parcours de Monique

 Joël

Je trouve ce portrait très attachant et j’éprouve beaucoup d’humilité vis-à-vis de l’engagement de cette dame issue de l’éducation nationale.

Vous l’avez qualifié de Hussarde et elle le mérite, tant son énergie est exceptionnelle vis-à-vis de la mise en œuvre de ses compétences pour des missions au-delà de ses fonctions professionnelles. 

Les enseignements de ce portrait sont multiples pour l’engagement bénévole :

  • Exercer ses talents est possible et découvrir ceux que l’on ne connaissait pas l’est aussi
  • Le plaisir de constater le développement et la réussite de personnes que l’on aide sans contrepartie est ineffable.
  • Concilier un travail professionnel et une activité bénévole est un enrichissement personnel.

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